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Briser l'encerclement

Jean 8,1-11 : 5e dimanche du Carême (Année C)
Oeuvre : Liz Lemon Swindle, He that is without sin

Ce récit met en scène des personnages bien campés: une femme menacée de mort; des scribes et pharisiens, armés de la Loi, décidés à condamner; et Jésus, pris entre les deux, à qui on demande de prendre position. Une victime, des accusateurs, un juge. Une scène tendue, où la victime et le juge, la femme et Jésus, sont tous deux pris dans un piège, celui des accusateurs qui ont l’initiative de l’action. Mais le dénouement est surprenant. À la fin, tous s’en vont; il n’y a plus ni victime, ni accusateurs, ni juge. L’univers de la menace et de la condamnation s’est écroulé. Tous sont dénoués de ce qui les attachait, délivrés du poids de mort qui les enfermait dans un cercle de violence.

Oeuvre de Liz Lemon SwindleDans cette histoire, la femme est mise au centre. Mais, pour les accusateurs, elle n’est qu’un instrument au service de leur visée première : prendre Jésus au piège. Cette femme est ainsi réduite à un objet, sans existence propre, sans parole, utilisée pour condamner un autre. Si Jésus condamne la femme, ses prétentions de miséricorde envers les pécheurs perdront leur crédibilité et il se fera complice d’une mise à mort violente. S’il l’acquitte, il se condamne lui-même. Nous sommes dans un vrai cercle de violence : la femme est utilisée pour condamner Jésus et Jésus est utilisé pour condamner la femme.

À la fin, la femme a retrouvé sa dignité et elle parle; elle est un sujet humain. Et Jésus reste libre. Quelle approche de Jésus a permis ce dénouement? Son action et sa parole ne relèvent pas d’abord de l’habileté d’un juriste qui sait s’en sortir. Jésus engage tous les participants dans un débat plus profond, celui de la vérité de leur condition humaine et de leur cheminement. Il transforme l’horizon et l’enjeu du procès.

Il le fait d’abord par son corps. Les scribes sont entrés en scène dans un mouvement d’attaque, armés de leur certitude. Jésus s’abaisse, incline la tête et écrit sur le sol. Par son geste, il brise cet élan agressif, il intègre dans le débat un temps de prise de conscience, comme un silence méditatif. Puis il se redresse, il relève la tête. Cette gestuelle rappelle la trajectoire même de sa vie, le mystère pascal, de l’abaissement à la résurrection. C’est à l’intérieur de cette dramatique que peut venir la parole. Celle-ci n’accuse pas mais fait entrer dans une autre dynamique, où il n’y a pas personne hors de la scène, pouvant juger de l’extérieur. Que celui d’entre vous ... Tous sont inclus dans la quête d’authenticité.

Puis, Jésus procède de la même manière avec la femme: l’abaissement et le redressement, et la parole qui met en mouvement, qui appelle à faire la vérité et à se mettre en marche. Va et désormais ... : la parole qui remet debout et qui appelle à se tenir, à faire face aux défis de la vie nouvelle. Jésus lui-même participe à ce débat de l’intérieur, car c’est une mise à l’épreuve qu’il doit traverser. Dans sa parole à la femme, il s’inclut : moi aussi ...

Questions pour la réflexion :

Je peux identifier, aujourd'hui, des situations où des gestes et paroles ont brisé les cercles du jugement et de la violence?

Un geste, une parole, à ma portée, dans mon milieu (famille, groupe, travail).

Daniel Cadrin, o.p.

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