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L’important, c’est d’aimer

Matthieu 22, 34-40 : 30e dimanche du temps ordinaire (Année A)
Photo : CNS, Paul Haring, 24 juillet 2013, Rio de Janeiro

Photo : Paul HaringParfois, surtout dans les moments de choix difficiles ou de crise, une question monte en nous : finalement, qu’est-ce qui est le plus important dans ma vie? Un pharisien pose une telle question à Jésus. C’est un légiste qui connaît bien la Loi et sa complexité. Celle-ci comprend tant d’observances à pratiquer, comment s’y démêler? Quel est le fil conducteur? Même si la question du légiste est motivée par la volonté de piéger Jésus, elle nous permet d’entendre sa réponse. À première vue, elle n’est pas originale. Jésus reprend des paroles qui viennent des Écritures (Deutéronome et Lévitique). Cela semble clair et simple, mais dans cette réponse, Jésus opère des déplacements ou plutôt des « recentrements » majeurs.

Le pharisien demandait un grand commandement. Jésus lui en offre deux : un premier sur l’amour de Dieu et un deuxième qui lui est semblable, aussi important, et qui parle de l’amour du prochain lié à l’amour de soi-même. Cela devient plus subtil et plus prenant. Dieu, le prochain, soi-même : les trois sont convoqués pour dire ce qui est le plus important dans une vie. Comme s’ils étaient inséparables. Comme si nous n’avions pas à choisir entre les trois, mais à les tenir ensemble conjugués dans une alliance vitale, vivifiante.

Il est fréquent, dans les courants spirituels et philosophiques anciens et nouveaux, et même à l’intérieur du christianisme, de les mettre en concurrence l’un contre l’autre. Dieu seul compte, oublie-toi et laisse tomber le prochain. Ou encore, seul le prochain existe, fais disparaître ta personne et que Dieu se tasse. Ou enfin, toi seul es important, que Dieu et le prochain se retirent pour te faire de la place. Rien de tel dans la perspective de Jésus. Personne n’est mis de côté ou exclu pour qu’un des trois prenne toute la place. Il y a dans cette réponse un horizon de signification qui dépasse nos polarités habituelles et appelle à de nouvelles intégrations, à un regard sur l’existence humaine moins simpliste, plus large et plus fin.

L’amour de Dieu engage toute la personne. Le cœur, dans la Bible, c’est plus que les sentiments; c’est le centre de décision en nous, là où se font les choix profonds. L’âme, c’est la vie elle-même, qui nous habite de toute part. L’esprit, c’est la capacité de penser. Là aussi, les dichotomies sont dépassées. Notre intelligence fait partie du voyage. Il est fréquent en plusieurs courants d’opposer le cœur et la tête et d’inviter à renoncer à l’un ou l’autre. Rien de tel ici. L’être humain est fait pour connaître et aimer. L’amour du prochain est mis en relation avec l’amour de soi-même. Reconnaître la dignité unique d’autrui se fonde ainsi sur un respect de soi-même. Pour Jésus, l’autre et moi sommes tous deux des enfants de Dieu. L’autre n’est pas un objet, il est quelqu’un. Moi aussi, je suis quelqu’un. Pas de place pour le mépris de soi afin que l’autre puisse exister, ni pour l’indifférence à l’autre afin que je devienne le centre du monde. Ma croissance et celle d’autrui sont indissociables.

Qu’est-ce qui est plus important dans ma vie? La réponse de Jésus invite à repenser nos façons d’établir nos priorités. Elle nous présente des réalités différenciées; tout ne revient pas au même. L’amour de Dieu, du prochain et de soi-même sont différents. L’un ne remplace pas l’autre. Ils ont chacun leur consistance et leur dynamique. Mais ils sont noués, ils font corps. Dans les trois cas, il s’agit d’amour. Si l’un d’eux est absent de mon itinéraire et de ses choix, je risque de perdre mes énergies dans de faux dilemmes. Comme dit le pape François : « L’amour pour les gens est une force spirituelle qui permet la rencontre totale avec Dieu. » (La Joie de l’Évangile, no 272)

Questions pour la réflexion :

Actuellement, à qui (Dieu, le prochain, moi-même) aurais-je besoin de redonner de l’espace et du temps pour que mes choix soient plus solides?

Finalement, qu’est-ce qui est le plus important dans ma vie?

Daniel Cadrin, o.p.

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